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4      LES VIOLENCES

 

4.1 Les violences subies

 

Ces femmes viennent pour parler des violences subies dans leur vie conjugale, pour découvrir qu’elles ne sont pas les seules à subir de tels comportements violents, pour accepter l’idée qu’il s’agit bien de violences. Et l’assurance de confidentialité du groupe, l’écoute et le soutien mutuels, leur permettent de se libérer du poids de la culpabilité entretenue par ces violences. « Le plus important dans l’animation du groupe, c’est que vous nous écoutez et que vous nous croyez. Ca, c’est le premier pas vers la guérison ».

 

Elles peuvent ainsi, progressivement, parler des différentes formes de violence subie : violences physiques (ayant nécessité parfois des hospitalisations), violences psychologiques (insultes, brimades, humiliations…), violences économiques (privation d’argent, contrôle tatillon des dépenses…), association entre ces différentes formes de violence. Il reste difficile pour ces femmes, au début de leur participation au groupe, et encore souvent par la suite, de se souvenir des diverses formes de violences subies, ou de considérer que ce qu’elles ont vécu devait être nommé « violence ». Laure a décidé de quitter son mari dès la première scène de violence. Mais les informations qu’elle apporte sur la relation du couple révèlent que dès avant le mariage, elle avait dû éponger les dettes de son futur époux. Et les remarques sur la tenue du ménage n’ont pas tardé. Mais tout cela ne pouvait être considéré comme de la violence. Il est intéressant de noter que les femmes du groupe parviennent très bien à repérer ce qu’il en est de la violence subie par les autres femmes, alors que lorsqu’il s’agit d’elles-mêmes, le sentiment amoureux, la culpabilité, l’emprise subie, empêchent d’apprécier la réalité de la violence.

 

 

4.2 Les violences physiques

 

Les violences physiques laissent rarement autant de traces que celles de Mady évoquées dans le témoignage introductif. Mais l’éventail des violences physiques citées dans le groupe est très large : bousculades, gifles, coups de poing avec fracture du nez ayant nécessité une hospitalisation, crachats, étranglements, coups de pied, menace avec une arme.

 

Les menaces de coups, voire de mort, sont aussi des violences physiques. Il en est de même pour les coups de poing dans le mur ou dans les portes, qui sont peut-être pour l’homme une manière d’éviter de frapper la conjointe, voire de se faire mal et de se punir, mais qui ont inévitablement pour effet de provoquer la crainte que le prochain coup ne soit pour elle.

 

Les jets et bris d’objets, de vaisselle, de meubles ont le même résultat. « Mon mari doit tuer des veaux ce week-end. J’espère qu’il s’arrêtera à eux. Une fois, il était tellement en colère parce qu'enceinte je n'arrivais plus à traire les bêtes. Il a frappé une de ses bêtes qui en est morte. Des voisins ont appelé la SPA ».

 

« Le soir du réveillon, mon mari est rentré très tard, l'un de mes fils lui en a fait le reproche. Alors ce fut un désastre, il a tout détruit la table que nous avions préparée, la vaisselle, le sapin, les cadres avec les photos... Nous étions terrorisés mes enfants et moi. Il avait tout gâché, mais au fond j'ai préféré qu'il s'en prenne aux affaires plutôt qu’à nous »

 

Lorsque l’on demande au groupe – et cette question est régulièrement retravaillée – quelle forme de violence est la plus destructrice, entre violence physique et violence psychologique, le débat est toujours très riche sans qu’il soit jamais possible d’aboutir à un accord. Pour certaines, il est clair que c’est la violence physique qui est la plus insupportable, alors que les insultes, le contrôle, les humiliations n’ont pas été vécues comme violentes. Pour d’autres au contraire, la gifle ou la brutalité passent alors que la phrase méprisante reste et détruit.

 

C’est souvent dans l’histoire personnelle de chacune que se trouve la source de ces différences. Telle personne qui a été habituée dans son enfance à prendre des coups ou à voir sa mère battue par son père supportera plus facilement la violence physique vécue comme un mode relationnel normal, voire comme une marque d’affection. Par contre, celles qui n’ont pas vécu de violences physiques lourdes dans l’enfance ou avec leur compagnon (coups de poing, coups de pied, strangulation, menaces avec arme…) considèrent les violences physiques plus graves que les violences psychologiques. Toutefois, les anciennes victimes de violences à la fois psychologiques et physiques lourdes estiment que les violences psychologiques sont les plus déstructurantes.

 

 

4.3 Les violences verbales, non-verbales et psychologiques. « L’emprise »

 

4.3.1 Les violences verbales

 

Elles passent par des mots : les injures, les grossièretés, les obscénités, les menaces.

Elles se concrétisent, dans la majorité des cas révélés, à des insultes, à caractère sexuel: « T'as vu comme tu es habillée. Tu vas faire ta traînée!! »

« Connasse, Pouffiasse, Salope, sale pute » sont les termes les plus usités.

 

Certains propos vont concerner le comportement, les compétences ou le physique de la personne pour lequel la victime a manifesté un certain complexe fondé ou non.

« T'es qu'une grosse truie. » « Bonne à rien »« Où as tu appris à cuisiner ?...T'es nulle mais je t'aime bien »

 

Les violences verbales se matérialisent également par des remarques humiliantes, dévalorisantes et à double sens :

« T'es gentille » « Dans une réunion de famille ou avec les amis, il disait souvent quand on s'adressait à moi: Vous savez, elle n'y connaît rien ».

Ces propos peuvent également être discriminants. « Parce que je suis étrangère, il n'arrêtait pas de me dire que je ne savais pas m'adapter et comprendre le mode de vie français. Il me disait souvent : Tu ne sais rien, heureusement que je suis là pour t'apprendre »

 

4.3.2 Les violences non-verbales

 

Elles passent par des attitudes apparemment anodines, mais qui deviennent destructrices par leur répétition ou leur systématisation. Elles ne se traduisent pas de manière verbale. Ce sont les violences psychologiques et économiques.

 

Elles consistent à détruire l’autre par

Ø  des moqueries « Etant étrangère, je faisais des fautes de français, il se moquait de moi avec sa mère »

Ø  des allusions : Mady dira « En raison de ma grossesse, j’avais pris beaucoup de kilos. Dans la rue quand il voyait des femmes minces, il me disait :  tu vois, il faudrait faire des efforts »

Ø  des suggestions : « A ta place, moi je me suiciderais… »

Ø  des menaces : Yvonne parlera de sa grossesse non désirée à l’âge de 48 ans. « Mon compagnon m’a conseillé d’avorter si je ne voulais par le perdre. Il m’a laissée seule faire face à cette épreuve »

Ø  des non-dits des mimiques de mépris : « Lorsque nous avons emménagé, j’ai fait des travaux de décoration. Je lui demandais ce qu’il en pensait, il levait les yeux au ciel et ne me répondait pas. »

Ø  de la jalousie : Lucie indiquera « Il voulait un enfant, j’ai pris beaucoup de poids, alors le soir il me regardait avec du dégoût, je n’osais plus me déshabiller devant lui. Il m’a dit que puisque je les avais pris pour ma fille, je pouvais faire l’effort de les perdre pour lui. Il a voulu que j’allaite ma fille. Je n’étais pas trop pour, mais quand il a vu que j’y prenais du plaisir il a fait des crises de nerfs. Je ne devais pas l’allaiter quand il était là »

 

4.3.3 Les violences psychologiques

 

Elles s’expriment parfois par une relation punitive qui consiste à ignorer l’autre ou à refuser de communiquer. Ainsi, Aline ne devait pas lui répondre ou recevoir ses propres amis sinon il détruisait les fleurs du jardin qu’elle aimait tant.

 

Certaines consistent en du chantage au suicide, des menaces de mort ou/et des destructions de biens.

 

Elles se matérialisent très souvent par un contrôle

Ø  des horaires

Ø  de l’activité professionnelle exercée

Ø  des courses « Je ne devais pas choisir une autre marque de yaourts que celle qu’il avait choisie »

Ø  des dépenses, du budget : pour Mona « C’était simple toutes les charges du ménage je devais les assurer, lui son argent servait dans ses costumes et son alcool. J’étais trop dépensière. Moi je n’avais pas le droit de m’acheter des dessous, sauf ceux qu’il choisissait pour son plaisir personnel et qui me faisaient passer pour une pute ».

Pour Thérèse, « Il m’a interdit d’avoir accès au compte joint. Ne travaillant pas, je n’avais plus aucun moyen de subsistance. J’étais contrainte de le supplier de me donner de l’argent. Pour l’entretien du ménage, il m’accordait 10€ par semaine ».

Ø  des relations de travail, amicales, familiales « Tu ne devrais plus les voir, ils sont nuls, ils nous font perdre du temps »

Ø  des moyens de contraception utilisés : Lola, mère de 4 enfants, ne souhaitait plus enfanter. « Je voulais reprendre le travail, les enfants avaient été conçus les uns derrière les autres. Je suis allée voir mon gynécologue qui m’a donné la pilule. Je la prenais en cachette de mon mari. Il voulait que je reste à la maison et que j’aie d’autres enfants. Après plusieurs mois, il n’a pas compris que je ne  tombe pas enceinte. Il a eu des soupçons. Un matin, pendant que j’étais aux courses il a fouillé dans mes affaires. A mon retour, il m’a conseillé de ne plus recommencer et a détruit toutes les plaquettes. Il a accentué son contrôle, venant avec moi chez le médecin. N’ayant plus de contraception j’ai eu mon cinquième enfant. »

Ø  des maternités : plusieurs révèleront avoir été contraintes à faire une IVG. Dans ces cas, elles ont du faire face seule à cette épreuve.

 

Ces violences non verbales peuvent également prendre la forme « d’ordre et de contre ordre ».

Mariette dira à ce sujet « Il ne s’occupait que de sa réussite professionnelle. Je devais m’occuper des enfants, de la maison et de mon travail. Un jour il s’est plaint d’avoir mal à la tête. Je lui ai proposé de prendre un rendez vous chez le médecin. Il a refusé en m’indiquant que ce n’était pas mon affaire. Le soir quand il est rentré il m’a reproché de ne pas avoir pris le temps de lui prendre un rendez vous chez le médecin. J’étais une bonne à rien »

 

Ces violences ont pour conséquence de déstabiliser la victime dans ses croyances et ses connaissances, au point de perdre toute confiance en elle-même. Ainsi, des victimes diront « Je ne savais plus où était la vérité. Je ne suis plus capable de prendre une décision seule ».

 

Leur libre arbitre semble annihilé.

 

 

4.4 Les violences sexuelles


Ce n’est qu’après une longue phase de mise en confiance que toutes ces femmes en arrivent à parler de violences sexuelles, situations très chargées émotionnellement et qui ont la particularité d’être en même temps des violences physiques et des violences psychologiques. Ces violences n’ont toutefois pu être abordées pour la première fois qu’un jour où l’animateur –homme- était absent.

 

Depuis ce jour, non seulement il devient possible d’aborder ce sujet, mais, curieusement, le climat du groupe permet que les nouvelles entrantes dans le groupe annoncent parfois d’entrée de jeu l’existence de violences sexuelles subies.

 

 

4.4.1 Les viols et les sévices sexuels

 

Il leur reste difficile de qualifier ces violences sexuelles de « viols », dans la mesure où l’éducation parentale et religieuse leur a appris la nécessité de se soumettre au « devoir conjugal ». Il leur est apparu plus facile de « nommer » ces violences : « relations sexuelles non consenties » ou « relations forcées » plutôt que viols. Estelle est toutefois d’accord pour parler de viol dans la mesure où les actes sexuels subis se sont accompagnés de violences physiques. Il est en effet courant que la représentation classique du viol soit associée à des violences physiques. « Un jour, il m’a tapé et refait l’amour aussitôt. Un autre jour, il m’a frappé tellement que j’en avais perdu connaissance. Lorsque je suis revenue à moi, il finissait de faire son affaire…. » « ..Le temps de m’endormir, et c’était reparti de plus belle. Il me prenait de force par l’arrière. Je souffrais tellement que j’en étais au bord du malaise. J’avais des sueurs froides. Il a fallu que je me fasse hospitaliser car j’en avais des saignements, et opérer car je ne pouvais plus stationner debout »

 

Mais si l’on se réfère à la définition pénale, en France, de l’agression sexuelle qui implique « menace, violence, contrainte ou surprise » (art. 222 du Code pénal), il faut admettre que sont des viols :

Ø  Ces rapports sexuels par surprise pendant le sommeil de l’épouse, ces rapports imposés, sous la menace,

Ø  Ou accompagnés d’insultes à caractère sexuel (« putain », « tu es nulle au lit », « prépare toi, salope » ou « écarte les cuisses, connasse »).

Ø  Et même s’il n’y a pas eu de violences physiques, dans la mesure où ces relations sexuelles sont alors subies passivement, sans révolte extérieure, par peur de violences physiques, par soumission à la règle du devoir conjugal, mais aussi pour protéger les enfants.

« Cela durait depuis sept ans, cette vie infernale. J’avais eu mes deux garçons que j’essayais d’élever avec un paravent devant leur père. Je laissais faire pour ne pas faire d’histoire la nuit, pour ne pas réveiller les enfants. Protéger toujours mes enfants, c’était mon seul but » « … et pour que ça aille plus vite, il fallait surtout dire que j’aimais ça ».  

 

Certaines femmes parviennent toutefois –après coup(s)- à agresser verbalement leur agresseur avec des remarques du style « T’es content ? Tu t’es bien vidangé ? », comme pour tenter de retrouver une certaine dignité après l’humiliation subie, en cherchant à rabaisser ou à salir également le partenaire.

 

La difficulté à mettre des mots sur ces souvenirs, les pleurs en les évoquant, en disent long sur la souffrance subie au moment de ces rapports imposés. Souffrance longtemps restée indicible (ou inentendable par des tiers quand l’une d’entre elles a voulu en parler, mais inévitablement de façon violente), accompagnée de la honte de l’humiliation, de la culpabilité d’avoir accepté de subir, mais aussi de la culpabilité de ne pas avoir « obéi » au « devoir conjugal ». « Il n’y avait pas de respect, pas de tendresse, ni de beauté de l’amour. Que de la bestialité et de la vulgarité. Toujours, il fallait serrer les dents, serrer les poings. Je n’avais pourtant pas d’ongles, mais j’arrivais à rentrer mes ongles dans mes mains tellement j’étais crispée. Et moi, toujours perdue de chez perdu. Je pensais me suicider, mais n’en avais pas le courage, et mes enfants m’en donnaient la lâcheté. ».

 

Pour celles qui ont décidé de quitter leur conjoint, ces viols ont été un élément important dans la décision de séparation, même si cet argument n’est pas utilisé dans la procédure du fait de leurs sentiments de honte et de culpabilité, et aussi du fait de l’impossibilité d’en apporter la preuve. Pour certaines, la décision de séparation n’exclut pas la persistance de sentiments amoureux à l’égard d’un homme qu’elles ne peuvent  réduire à ces actes violents. On s’aperçoit ainsi que le vécu du viol conjugal de ces femmes est très voisin du vécu des enfants victimes d’agressions sexuelles intra-familiales (emprise, soumission, affection…)

 

En ce qui concerne les hommes « violeurs », on peut faire l’hypothèse qu’il s’agit d’hommes dont le comportement d’emprise et de domination viendrait compenser une immaturité importante et du caractère insupportable de la dépendance maintenue à la mère (et à la conjointe qui a pris la place de la mère). L’abus sexuel vise une femme qu’il peut « posséder », qu’il pense avoir le droit de posséder, par opposition à la mère qui le « possède ». Cette recherche d’une jouissance sexuelle, refusée par la partenaire, peut en outre avoir une composante incestueuse, la conjointe jouant le rôle d’un double de la mère inaccessible et interdite. Les femmes du groupe ont évoqué par ailleurs le désir d’enfant exprimé par ces hommes pour « tenir » la mère au foyer. On peut voir là un reste d’attitude « macho » avec l’idée que le corps de la femme est fait à la fois pour le plaisir de l’homme et pour enfanter. L’époque n’est pas très éloignée où régnait  le pouvoir médical et la mainmise de gynécologues hommes sur le corps des femmes pour les obliger à enfanter ou les punir de vouloir avorter.

 

4.4.2 L’utilisation de la pornographie

 

Il s’agit de forcer à

Ø  voir ou écouter du matériel pornographique

Ø  poser pour photos ou vidéos

Ø  prendre des positions dégradantes

Ø  avoir des relations sexuelles devant témoins, etc.…

 

La complexité pour les participantes est de discerner cette violence. Il faut distinguer ce qui est véritablement consenti de ce qui est consenti uniquement pour le plaisir de l’autre en s’oubliant totalement, et de travailler sur ces points. Elles deviennent à leur insu, alors qu’elles sont à l’origine « consentantes », un simple objet sexuel. Ce qui provoque un fort sentiment d’écœurement à l’égard de leur propre personne.

 

Marina parlera de son sentiment de dégoût face à ses propres attitudes (positions dégradantes..).

« Comment ai-je pu en arriver là ?!

Il m’a dit que s’il buvait et n’était pas gentil avec moi, c’est parce que je n’étais pas intéressée par le sexe ; alors que lui avait besoin de se satisfaire plusieurs fois par jour. Alors pour l’aider à arrêter de boire, j’ai tout fait pour l’exciter par mes tenues, mes attitudes. Je sollicitais des relations alors que je n’en avais pas envie. J’étais épuisée de faire semblant d’avoir envie. Je me sentais sale, mais c’était pour son bien pour qu’il guérisse »

 

  

4.4.3 La prostitution

 

Il s’agit là d’une autre forme de violence sexuelle, peu discutée dans le groupe mais bien présente car estimée par les femmes comme la dégradation suprême. La majorité d’entre elles n’ont pas subi cette violence et portent un jugement très dur sur celles qui ont été amenées à accepter ou plutôt à subir.

 

La division du groupe sur ce thème, voire l’hostilité de certaines a été difficile à gérer. Il a fallu revenir sur les conflits et les mésententes engendrées.

 

Si toutes sont unanimes à reconnaître que l’instigateur est le compagnon, elles ont du mal pour certaines à admettre qu’il n’y ait pas eu d’opposition et de refus suffisamment fort de la victime.

« C’est l’avilissement complet. Je n’avais pas le choix, ma belle mère nous avait prêté de l’argent. Elle a exigé d’être remboursée rapidement ; mon mari ne voulait pas faire de peine à sa mère. Il ne fallait pas avoir de problèmes avec elle. C’est parti d’une boutade, t’as une femme ; elle n’a qu’à faire la pute. Au départ, je pensais que c’était une mauvaise plaisanterie. Mais, ma belle mère nous a mis le couteau sous la gorge, on n’avait plus que quelque mois pour rembourser. Elle réduisait sans cesse les délais. Alors mon mari m’a fait monter à Paris. Et là j’ai trouvé, malgré la situation, une famille. Je travaillais dans un club. Il y avait une grande solidarité entre les filles. Les clients étaient gentils. Au moins là, on ne me criait pas dessus sans cesse. C’était dur, mais il y avait des rapports chaleureux entre nous les filles ; ce que je n’avais jamais connu ».

 

 

4.5 La répétition de la violence

 

L’analyse des situations de violence conjugale vécues par ces femmes et l’échange autour de leurs histoires personnelles ont permis de mettre en évidence les éléments suivants.

 

La violence subie dans le couple apparaît dans tous les cas comme la répétition de violences subies dans l’enfance : violences physiques, surtout violences psychologiques (humiliations, rejet parental), et parfois violences sexuelles : par exemple Myriam qui a vécu comme un véritable viol par sa mère un examen gynécologique (à 12 ans) pratiqué par un médecin homme à la demande de sa mère et en sa présence – mais sans en avertir l’enfant- pour s’assurer de sa virginité. Toutes ces violences infantiles ont été subies sans possibilité de révolte et comme un apprentissage de la nécessaire soumission à l’autorité.

 

Autre exemple, cité par Estelle : « Quand j’avais environ sept ans, un jour, un de mes oncles avec qui j’étais élevée, m’a emmenée sur le guidon de son vélo, et dans un chemin de campagne, a sorti son sexe et il voulait que je le touche. Je savais que c’était mal. Je ne comprenais pas ce qui se passait. Fort heureusement, quelqu’un est arrivé et il s’est rhabillé. Je suis restée longtemps avec cette vision du mal et je n’en ai jamais parlé à personne. Lorsque j’avais seize ans, j’étais placée dans une famille comme employée de maison. La patronne venait de partir pour accoucher et en pleine nuit, j’ai brutalement été réveillée par une présence dans mon lit. C’était le patron qui était nu et qui me touchait. Il avait mis sa main sur ma bouche en disant : sois gentille, ne réveille pas les enfants. J’étais pétrifiée. Je n’avais personne à qui me plaindre. Soit je me laissais faire car chez eux, je mangeais à ma faim, ou je repartais chez mes parents où c’était l’enfer. Ca s’est produit une dizaine de fois avec la peur et la conscience du mal. Jusqu’au jour où j’ai fait une fugue et où je me suis trouvée enfermée dans une église, car c’est le seul endroit où je me croyais en sécurité. C’était sans compter la peur de la nuit où j’ai cru devenir folle »

 

Aline : « Moi, ma mère m’obligeait à coucher avec mon beau-père. Parfois le soir pour éviter ceci, j’allais me coucher dans le panier avec les chiens ».

 

Lucie : « Ma mère ne m’aimait pas. Je prenais des coups à la place de mes frères et sœurs quand ces derniers faisaient des bêtises. Je mangeais toujours en dernier. C’étaient les restes. Mon père ne disait jamais rien ».

 

Julie : « Ma mère était dépressive et alcoolique à cause des tromperies de mon père. Après qu’elle ait fait une tentative de suicide, mon père m’a ordonné de faire attention à elle. J’avais 5 ans et j’avais toujours peur qu’elle meurt. Je devais constamment la surveillait et voir si elle prenait bien son traitement ».

 

Cette expérience de violences subies dans l’enfance, qui apparaît comme une constante chez toutes les femmes rencontrées, semble avoir un double effet. C’est d’une part un apprentissage de la soumission qui permet d’accepter à l’âge adulte des relations où la violence est à peine perçue comme telle. Ceci peut expliquer la difficulté permanente que ces femmes ont pour retrouver le souvenir des premières violences subies dans le couple, et pour faire le lien entre ces dernières et les violences subies dans l’enfance.

 

D’autre part, et paradoxalement, le caractère insupportable de cette souffrance vécue dans l’enfance peut engendrer un désir inconscient de protéger les membres de l’entourage, conjoint et enfants, et orienter inconsciemment le choix amoureux vers quelqu’un de fragile et immature, quelqu’un à sauver.

 

On sait que les violences subies dans l’enfance peuvent aussi se répéter sous la forme de violences agies sur les enfants ou sur le conjoint. Suite à une révélation, par une mère, de maltraitance sur son enfant, nous avons été conduits, après l’en avoir informée, à faire un signalement. Cette femme qui avait été maltraitée par son père, puis par son conjoint nous avait expliqué que « Il ressemble tellement à son père que quand il n’obéit pas, je le frappe et je ne peux plus me contrôler »

 

 

5      LES ENFANTS

 

 

5.1 La place des enfants dans les violences

 

La question de la place des enfants est abordée de manière récurrente lors des séances du groupe.

 

Estelle disait qu’elle s’arrangeait toujours pour que ses enfants ne soient pas témoins des violences du conjoint. Plusieurs femmes ont dit rester avec leur conjoint « à cause des enfants », c’est-à-dire pour maintenir un semblant d’unité familiale estimé nécessaire à l’équilibre et à la construction des enfants.

 

Or, les propos tenus par les enfants et leurs comportements, montrent que, quoi qu’on fasse, ils sont au courant des disputes, des conflits, soit parce qu’ils entendent les bruits ou les cris, soit parce qu’ils sont présents à l’insu des parents, soit lorsque l’un ou l’autre des enfants tente de s’interposer entre les parents, au risque de recevoir lui-même un coup qui ne lui est pas destiné. Et, même lorsqu’ils ne sont pas physiquement victimes, ils subissent une violence psychologique, faite de peur, d’insécurité, de colère, qui aura des conséquences sur leur avenir affectif.

 

Le souhait exprimé par la mère de rester en couple « pour les enfants » apparaît ainsi comme une illusion. Il s’agit surtout de préserver l’image rêvée de la famille idéale, souvent bien plus belle que la famille que l’on a connue dans son enfance, avec le profond désir de réussir mieux que sa propre mère ou ses propres parents.

 

Les enfants vont jouer un rôle important lorsque va se poser la question douloureuse de la possible séparation. La plupart des femmes confrontées à ce problème ont dit leur besoin d’être approuvées par leurs enfants, en particulier lorsque ceux-ci ont atteint l’âge adulte. Et lorsque l’un des enfants désapprouve, ou prend le parti du père, voire témoigne contre sa mère à la demande du père, la souffrance de la mère se trouve décuplée. Cette dépendance de l’avis des enfants témoigne bien de la difficulté à se prendre en charge seule, à être autonome dans les décisions à prendre. Mais, elle souligne aussi de la peur de la perte et de l’abandon, peur liée à des peurs anciennes en même temps qu’à la dépendance au conjoint violent.

 

Certains enfants ont la sagesse de se situer en dehors du conflit parental, avec l’intention de garder des contacts avec chacun des deux parents, tout en refusant d’entrer dans le jeu des transmissions d’information. Cette situation n’est pas toujours bien acceptée par la mère victime de violences, qui reste en recherche du soutien et de l’approbation de ses enfants.

 

Dans un certain nombre de situations de séparation, avec un fils aîné adolescent resté auprès de sa mère, il n’est pas rare que ce fils « prenne la place » du père violent et cherche à imposer autorité et emprise sur sa mère. Il est arrivé de conseiller à une mère de porter plainte contre son fils, comme elle avait réussi à le faire précédemment contre son mari.

 

Avec des enfants plus jeunes, voire très jeunes, la solitude de la mère après la séparation crée un risque de relation fusionnelle où c’est la mère elle-même qui fait prendre à l’enfant la place de l’absent. Il est intéressant de noter que les conseils des autres femmes du groupe, par exemple pour que la fillette de 6 ans ne dorme plus dans le lit de sa mère, sont souvent plus efficaces que ceux des animateurs.

 

Autre risque rencontré couramment : l’inquiétude maternelle lors des droits de visite et d’hébergement du père. Cette inquiétude peut porter sur les conditions d’hygiène, d’éducation, mais aussi sur les risques d’abus sexuels (ce que l’on peut comprendre surtout si la mère a subi elle-même des violences sexuelles de son conjoint). La tâche est alors délicate, car si l’on sait qu’un certain nombre d’actes incestueux sont commis par des pères qui se sentent abandonnés par leur compagne, il importe de ne pas dramatiser, mais au contraire de rassurer la mère et aussi de lui rappeler les droits du père sur un enfant qu’ils ont fait ensemble. Il appartient aussi de souligner qu’après une séparation, et quelle que soit l’ampleur des désaccords, lorsque le père a son enfant près de lui, il en a l’entière responsabilité, même si son travail ne lui permet pas d’être toute la journée avec l’enfant. Et ce n’est donc pas à la mère de décider du mode d’éducation du père, ni même de chercher à savoir comment s’organise le séjour de l’enfant.

Ce n’est qu’en cas de doutes sérieux qu’il appartient à la mère de saisir la Justice pour demander une enquête sociale ou la suppression des visites chez le père.

 

Pour ces situations difficiles à vivre pour les mères, l’expérience des animateurs s’avère fort utile, la juriste étant par ailleurs chargée de missions d’administrateur ad hoc par les magistrats, et le psychologue intervenant pour des expertises familiales à la demande de Juges des Enfants ou de Juges aux Affaires Familiales.

 

Il est donc clair aujourd’hui que l’enfant qui vit dans un climat de violence entre ses parents, est lui-même victime, sinon des coups de l’auteur des violences, du moins de la situation de violence. C’est encore plus vrai lorsque l’enfant est utilisé par l’un des parents ou par les deux comme un enjeu dans le conflit et la possible séparation. De même lorsqu’il est l’objet de la lutte entre les deux parents à propos de sa résidence principale quand la séparation est décidée. Ou bien quand le moment du passage vers l’autre parent est l’occasion de disputes sur le palier entre les deux parents (de même quand l’enfant doit attendre devant la porte l’arrivée de l’autre parent sans aucun contact entre les deux). Enfin  le droit de visite du père est parfois un prétexte pour revoir la mère. Ces violences subies par l’enfant ne l’empêchent pourtant pas d’avoir besoin d’une relation suivie avec son père. Mais ces souffrances restent ancrées dans la mémoire et sont parfois évoquées comme des souvenirs douloureux par les femmes victimes de violence à l’âge adulte, et aussi par les hommes auteurs de violences.

 

 

5.2 Les enfants nés de viols conjugaux

 

On parle beaucoup de violences conjugales qui commencent avec la naissance du premier enfant, qui prive l’homme de la relation fusionnelle du couple (cf. le colloque Fondation de France 2000 sur violences conjugales et violences parentales). Mais ce qui est apparu chez plusieurs femmes du groupe de parole, c’est l’existence de viols conjugaux qui ont donné naissance à un enfant. L’ami de Pauline disait qu’il voulait un enfant, mais lorsqu’elle s’est retrouvée enceinte d’un viol, il lui a reproché de lui avoir « fait un enfant dans le dos ». Liliane s’est retrouvée enceinte d’un viol par son mari malgré une contraception qu’elle était obligée de prendre en cachette en raison du désir de famille nombreuse du mari. Aucune de ces femmes n’était opposée à la maternité (elles ont toutes entre 3 et 5 enfants). Mais toutes rêvaient de concevoir « normalement » leurs enfants dans une relation fondée sur l’accord et sur l’amour. Les trois grossesses résultant d’un viol ont été mal acceptées par ces femmes qui peuvent exprimer aujourd’hui leur désir du mort du fœtus pendant le temps de la grossesse. Leurs tentatives d’avortement ont échoué. Et l’enfant a été accepté et chéri dès sa naissance. Mais il reste une profonde culpabilité de ces mères d’avoir eu des désirs de mort sur ces enfants. Culpabilité d’autant plus forte que les trois enfants concernés présentent des troubles psychiques ou psychosomatiques plus ou moins importants. L’une a présenté, depuis l’enfance, de gros troubles de la personnalité. Devenue majeure, elle est aujourd’hui en hôpital de jour. Une autre, encore toute jeune, présente des spasmes du sanglot. La troisième est aujourd’hui une jeune adolescente qui souffre d’anorexie mentale sévère.

 

Ces mères ont tellement rejeté ce viol qui les a salies qu’elles en arrivent à nier l’existence du géniteur de l’enfant né du viol. Tout se passe dans leur tête comme si elles avaient fait ces enfants toutes seules. Il n’est donc même pas possible qu’elles rendent le violeur responsable des difficultés de l’enfant. Elles sont seules à pouvoir en porter la culpabilité, avec le risque de relation fusionnelle mère-enfant, en compensation de l’échec douloureux de leur idéal de couple. Et lorsqu’il est demandé de dire aux enfants qu’ils ont été conçus dans un viol, la réponse est unanimement négative, tant il est difficile – et on peut le comprendre – d’ « avouer » aux enfants la honte d’avoir subi de telles violences. Et il est plus facile de justifier le silence sur ces viols par le souci respectable de ne pas salir l’image du père dans l’esprit des enfants. Esprit de sacrifice, qui caractérise très fortement ces femmes victimes.

 

Lorsqu’elles parlent d’agissements sexuels imposés, la difficulté de les évoquer est identique, mais son fondement est différent. Elles sont, en effet, consentantes pour avoir des relations sexuelles, mais leur désaccord porte sur la pratique imposée par le compagnon. Leur culpabilité est importante, car elles s’estiment être l’instigatrice de ce comportement.

« Je l’aime et j’aime avoir des relations sexuelles avec lui. Pour lui faire plaisir, j’ai accepté la sodomie que je n’approuve pas. Je n’y trouve aucun plaisir. Il le savait, plus cela allait et plus il m’imposait cette pratique et riait quand je me plaignais. C’est de ma faute, je n’aurais jamais du accepter ».

 

 

6      LE DROIT A L’AMBIVALENCE DES SENTIMENTS

 

 

La décision de se séparer du conjoint violent est parfois prise avant l’entrée dans le groupe qui est là, alors, pour aider à la gestion des conséquences de la séparation. La décision est prise parfois à l’issue d’un temps de réflexion plus ou moins long favorisé par les échanges dans le groupe. Mais certaines femmes restent avec leur conjoint parce qu’elles ont réussi à aménager la relation du couple devenue supportable et non violente.

 

Il est donc très important que nous rappelions à chaque entrée d’une nouvelle participante que notre objectif n’est pas d’encourager la rupture du couple (alors que la pression du groupe va plutôt dans le sens de l’invitation à la séparation), mais bien de permettre à chacune de trouver sa propre solution, en en pesant tous les avantages et les inconvénients.

 

Le témoignage cité en introduction présente les « hommes violents » comme étant tous pervers. La lecture, par la plupart des femmes, des livres de Marie-France HIRIGOYEN (Le harcèlement moral. Femmes sous emprise), qui présente l’avantage de les aider à mieux cerner les violences qu’elles ont subies, a toutefois l’inconvénient de les conforter dans le diagnostic généralisateur de la perversion masculine. Certes, les propos de certaines femmes font effectivement penser que leur conjoint peut bénéficier du diagnostic de « pervers narcissique ». Mais très souvent, c’est l’immaturité et l’égocentrisme, bien décrits par Roland COUTANCEAU (Amour et violence), qui transparaissent des comportements masculins décrits par la plupart des femmes, avec en particulier le maintien d’une dépendance de l’homme à sa propre mère, chez qui, ce n’est pas rare, il va se réfugier après la séparation.

 

Les animateurs mettent certes en garde les femmes qui décident de rester avec leur conjoint après des actes violents. Il est fondamental de respecter leur choix qui tient compte du maintien de leurs sentiments amoureux et aussi de leur désir de préserver l’image de la famille. Mais il leur est rappelé que d’une part il importe de ne jamais oublier les violences qu’elles ont subies, et que d’autre part une relation sans violence suppose de leur part d’abandonner la fonction de « sauveur » de l’être aimé. La volonté de changer l’autre (le guérir de son alcoolisme, de ses sorties entre copains, de sa dépendance à sa famille…) peut précisément être l’une des sources de ses comportements violents.

 

Dans quelques cas, après la séparation, le conjoint cherche à renouer le contact avec le désir de reprendre la vie commune. Cela prend parfois la forme d’un nouveau harcèlement. Parfois, par contre, l’homme est reçu au nouveau domicile de la femme, nourri, couché, sollicité pour quelques menus travaux, puis renvoyé, jusqu’à une autre visite. Le fait qu’il accepte passivement cette situation montre à l’évidence que cet homme-là relève plus de l’immaturité et de la dépendance que de la perversion. Et l’attitude de la femme témoigne tout à la fois du désir de « faire payer » les violences subies naguère (en lui laissant croire à une possible reprise de la vie commune), mais aussi de l’ambivalence des sentiments, entre amour, besoin d’être aimée, et haine, ambivalence qu’il nous appartient de respecter.

 

L’ambivalence des sentiments envers les hommes peut prendre une autre forme. Les femmes qui se sont séparées de leur conjoint après les actes violents évoquent toutes le soulagement de se retrouver seules (ou avec les enfants), libres de leurs mouvements, de leur temps et de leurs pensées. Et elles expriment clairement le rejet de l’homme en général, refusant d’envisager toute idée de reconstruire un nouveau couple. Pourtant, le sentiment de solitude, le besoin d’affection, les conduisent le plus souvent, et plus ou moins rapidement, à risquer une nouvelle relation, par exemple en cherchant activement sur un site de rencontres, ou à l’occasion de thés dansants.

 

Dès lors, et tout en valorisant ce naturel besoin d’affection, la question de la nécessaire vigilance et des « signaux d’alerte » qu’il ne faut pas laisser passer est travaillé avec elles. Dans l’union précédente, la femme avait bien perçu, précocement, des comportements qui la dérangeaient, mais elle n’y avait pas attaché d’importance, convaincue que cela ne durerait pas, ou qu’elle pourrait « le changer » et contrôler la situation. Il est nécessaire, dans cette nouvelle rencontre, qu’elle nomme très vite ce qui ne lui convient pas, ce qui la choque, voire qu’elle mette fin à la relation, ce qui a été le cas pour une dizaine de femmes au cours de leur participation au groupe de parole.

 

Il est à noter que celles qui ont quitté le groupe et qui ont reconstruit un nouveau couple n’ont pas donné d’informations sur leur devenir.

 

 

 

CONCLUSION

 

La relation de tous ces couples apparaît comme une relation de type « complémentaire », avec, paradoxalement, une femme « forte », plus mature que l’homme, en position de mère, désireuse d’aider, de sauver ou de faire grandir un homme immature, parfois alcoolique, le plus souvent encore lié très fortement à sa propre mère. Et on peut faire l’hypothèse que la violence de l’homme sur sa partenaire surgit lorsqu’il ne supporte plus cette situation d’infériorité.

 

Le groupe est bien un groupe de parole et non un groupe thérapeutique. Toutefois, le mieux-être ressenti par la libération de la parole et le soutien des autres membres du groupe, la reconstruction de l’estime de soi, l’amélioration de l’image de soi, la prise de conscience des liens entre les violences conjugales et les violences subies dans l’enfance, constituent bien des changements qui sont des effets « thérapeutiques » du groupe.

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